La Communauté des chrétiens et le spectre de la secte 

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Le mot « secte » effraie. Il désigne une nébuleuse de mouvements méconnus. Ce qui est méconnu fait peur, ceci est vrai dans toutes les cultures et toutes les époques.

L’anthropologue M. Singleton1, qui a vécu en Afrique dans un milieu traditionnel, racontait qu’un jour, un villageois lui révéla que les gens le craignaient et le considéraient comme un « sorcier ». Pourquoi ? Pour un Africain vivant dans un milieu traditionnel, un Blanc est habituellement habillé en costume et cravate et il vit selon les coutumes occidentales. Or M. Singleton s’habillait comme les Africains et vivait parmi eux, dans une case du village. C’est précisément ce qui inquiétait les villageois. Ils avaient du mal à situer cet Européen « hors catégorie ». Peut-être était-il détenteur d’une sorte de pouvoir magique maléfique ?

Dans les années 1980-90 s’est levé en France et en Belgique un vent de panique par rapport aux sectes, justifié notamment par les massacres collectifs commis par « l’Ordre solaire » en 19952. Durant cette période, on avait entrepris en Belgique et en France des enquêtes parlementaires sur les sectes3. Il est un fait que certains mouvements utilisent des moyens de suggestion et de manipulation qui bafouent la liberté de leurs membres. Ils arrive qu’ils isolent leurs enfants de la société et extorquent de l’argent. À noter que de tels mouvements peuvent être minoritaires mais aussi majoritaires, on pense par exemple aux totalitarismes d’État tels le nazisme ou le communisme, actuellement à des groupes tels que l’EI. Quel que soit le caractère d’un mouvement, il est juste que chaque acte criminel, chaque abus tombe sous le coup de la Justice.

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De la culpabilité à la responsabilité

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«  De sa plénitude, en effet, nous tous avons reçu, et grâce sur grâce. Car la Loi fut donnée par Moïse ; la grâce et la vérité sont advenues par Jésus Christ » (Jean 1, 15).

Une faculté nouvelle a été déposée par le Christ dans l’humanité, nommée  « la grâce et la vérité » par Jean dans le Prologue de son évangile. On pourrait dire aussi : l’amour au sens le plus haut. Cette faculté vient transcender, accomplir la Loi de Moïse.

Une justice qui punit

L’organisation de la société actuelle repose sur une manière de penser qui, d’un certain point de vue, s’écarte assez peu de la loi de Moïse, non seulement pour les questions relevant du Droit proprement dit, mais également pour la vie personnelle et la manière d’envisager les relations sociales. Pourtant, elle amène le plus souvent des effets contraires à ce qui est recherché. Lire la suite « De la culpabilité à la responsabilité »

Le coeur brûlant

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Deux hommes reviennent de Jérusalem bouleversés. Tout en marchant, ils cherchent à comprendre les évènements des derniers jours.  Rien ne s’est passé comme ils s’y attendaient…  le Messie devait se manifester avec puissance, en roi invincible ! Mais le maître s’est laissé condamner à mort et crucifier comme un malfaiteur. Ce matin, ce que les femmes ont rapporté en revenant de la tombe… Inconcevable ! Ils discutent, cherchent à comprendre.  D’ailleurs, que s’est-il passé exactement ?

Dans leur recherche commune empreinte de désarroi, un espace s’ouvre. Il est d’autant plus vaste qu’il surgit entre deux personnes « en chemin », en mouvement. Car leur question reste, pour un temps, sans réponse : ils cherchent dans une direction, puis dans une autre, perdus. Un « troisième » se joint à eux. Sa présence vient emplir cet espace ouvert. Elle est tellement immédiate, tellement quotidienne qu’ils ne la relèvent même pas et qu’ils continuent tout simplement leur conversation avec lui.  Et la réponse vient, peu à peu, dans le dialogue. La lumière naît en leur esprit, ils commencent à comprendre.

Oser vivre avec une question, sans chercher aussitôt à se rassurer avec une réponse, ouvre un espace intérieur. Une vraie réponse peut naître, qui vient non pas de la raison uniquement, mais d’ailleurs. Combien de fois vit-on cela dans un échange sincère, de coeur à coeur ? Des réponses viennent, parfois subites, inattendues ; il peut même nous arriver de formuler nous-même une idée complètement nouvelle, arrivée dans l’instant et dont nous sommes le premier à nous étonner. C’était la réponse, l’idée dont nous avions besoin, nous se sentons immédiatement. Elle surgit comme une lumière dans l’espace ouvert par l’état de questionnement, dans l’intimité chaleureuse de la rencontre. D’où vient-elle ? Nous ne le savons pas, mais elle est venue, c’est tout.

Le soleil tombe, il faut faire halte. Les deux hommes invitent le troisième et ils s’asseyent à table. Ils partagent le repas et quand leur hôte rompt le pain en le bénissant, ils le reconnaissent enfin. Et aussitôt, il se soustrait à leur regard. L’essentiel a eu lieu, il peut se retirer. Mais il reste aux deux hommes une certitude : c’était bien lui ! Contre toute attente, tout se qui s’est passé ses derniers jours avait un sens et était justifié. C’était bien lui : il a éclairé notre esprit, et d’ailleurs, « notre coeur ne brûlait-il pas, alors qu’il nous parlait en chemin ? ». Ils le reconnaissent rétrospectivement à la lumière et la chaleur purement intérieurs qui rayonnaient de sa présence. Bien qu’il fasse nuit, ils se remettent en route vers Jérusalem pour annoncer la nouvelle : Il est vivant !

Le Ressuscité peut se manifester parfois de manière quotidienne, tellement proche qu’il passe tout d’abord inaperçu. Il ne s’impose pas. Il est présent auprès de ceux qui le cherchent sans se laisser enfermer par des réponses toutes faites, par des certitudes qui ferment le coeur. Il peut être reconnu aux effets de sa présence : une pensée claire et vivifiante, la chaleur intérieure, une joie paisible ; enfin, le désir d’annoncer, de partager ce qui a été reçu.

 

Luc 24, 13-32

Et voici que deux d‘entre eux se rendaient le même jour à un village distant de deux heures de Jérusalem, du nom d’Emmaüs. Ils parlaient entre eux de tout ce qui était arrivé. Or comme ils parlaient et cherchaient ainsi ensemble, il advint que Jésus, s’étant approché, faisait route avec eux, mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Il leur dit : quelles sont les paroles que vous échangez entre vous en marchant ? Et ils s’arrêtèrent, le regard sombre. L’un d’eux, du nom de Cléopas lui dit : tu es bien seul qui réside à Jérusalem qui ne sache pas ce qui s’est passé ces jours-ci ! « Quoi donc? » leur dit-il. Ils lui répondirent : Ce qui concerne Jésus de Nazareth, un homme, un prophète puissant en actions et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple ; comment nos grands prêtres et nos chefs l’ont livré pour être condamné à mort et l’ont crucifié. Et nous, nous espérions que c’est lui qui allait délivrer Israël. Il y a trois jours que ceci s’est passé. Mais certaines femmes qui sont des nôtres nous ont stupéfiés : s’étant rendues de bon matin au tombeau et n’ayant pas trouvé son corps, elles revinrent en disant avoir eu la vision d’anges qui leur dirent qu’il est vivant. Certains d’entre nous sont allés au tombeau et ce qu’ils ont trouvé était conforme à ce que les femmes avaient dit, mais lui, ils ne le virent pas.

Et il leur dit : Comme vos esprits sont sans lumière, et vos coeur lents à croire tout ce qu’on dit les prophètes ! Le Christ ne devait-il pas souffrir tout cela pour manifester la lumière de son être ? Et commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les écritures ce qui le concernait.

Ils s’approchèrent du village où ils se rendaient, et il semblait qu’il voulût aller plus loin. Mais ils le pressèrent en disant : reste avec nous, car le jour se retire et le soir tombe. Et il entra pour demeurer avec eux. Quand il se fut mis à table, il prit le pain, prononça la bénédiction, le rompit et le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent, mais il se soustrait aussitôt à leur perception. Et ils se dirent l’un à l’autre : notre coeur n’était-il pas brûlant en nous, lorsqu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait le sens des écritures ? À l’instant même, ils se remirent en route et retournèrent à Jérusalem; ils trouvèrent réunis les Onze et leurs compagnons qui leur dirent : « C’est bien vrai ! Le Seigneur est ressuscité, et il est apparu à Simon. »

 

Je ne te condamne pas !

Vitre

La femme se tient au milieu, mais il n’y a plus personne autour… Les hommes qui voulaient la condamner se sont retirés un à un. Seul le Christ se tient encore face à elle, lui qui pendant ce temps écrivait du doigt sur la terre. Chaque être humain est responsable jusqu’au dernier iota de chacun de ses actes, du moindre sentiment, de chacune de ses pensées et tout cela s’inscrit dans l’organisme vivant de la terre. Mais le Christ ne veut pas condamner, pas plus la femme que les hommes qui se sont retirés. Il n’est pas venu pour condamner ou pour juger, mais pour sauver et guérir, en assumant les conséquences des actes que nous ne pourrons pas compenser nous-mêmes. Mais nous restons entièrement responsables de ce qui nous concerne personnellement, de tout ce que nous pourrons corriger et compenser à l’avenir. C’est par ce travail sur nous-mêmes, en lien avec les autres, que nous pourrons développer des forces morales et une autonomie, une liberté que nous ne pouvons que conquérir que pas à pas.

Le Christ est venu pour permettre à l’homme de progresser vers l’idéal d’humanité qu’il représente lui-même. Dans sa lumière, c’est nous-mêmes qui nous jugeons, quand nous remarquons nos zones d’ombres, tout ce que nous avons encore à améliorer, affiner, parfaire. Cet idéal est d’une exigence extrême, mais en même temps, si le point que nous avons atteint jusqu’à ce jour était déjà le but, quelle déception ! L’humanité est infiniment plus grande et plus digne, et c’est vers cette grandeur que le Christ appelle chacun.

Jean 8, 1-12

Jésus, lui, se rendit au Mont des Oliviers. Dès l’aube, il s’en retourna au temple, et tout le peuple vint à lui. Il s’assit et leur donna un enseignement. Les scribes et les pharisiens amènent alors une femme surprise en adultère et, la plaçant au milieu, ils lui disent : Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Dans la Loi, Moïse nous a prescrit de lapider de telles femmes. Et toi, qu’en dis-tu ? Ils disaient cela dans l’intention de lui tendre un piège, pour pouvoir l’accuser. Mais Jésus, s’étant baissé, écrivait du doigt sur la terre.

Comme ils persistaient à l’interroger, Jésus se redressa et dit : Que celui d’entre vous qui n’a jamais commis de faute lui jette la première pierre. S’inclinant à nouveau, il se remit à écrire sur la terre. Après avoir entendu ces paroles, accusés par leur conscience, ils sortirent un à un, à commencer par les plus âgés et Jésus resta seul, la femme étant au milieu.

Jésus se redressa et lui dit : Femme, où sont-ils ? Personne ne t’a condamnée ? Elle répondit: Personne, Seigneur. Jésus lui dit : Moi non plus je ne te condamne pas : va, et dorénavant, ne pèche plus.

Jésus, à nouveau, leur adressa la parole :

Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie.

Un amour inconditionnel

Orange

Article au format PDF : Un amour inconditionnel

Georges Ritchie a été l’un des premiers à raconter[1] son expérience proche de la mort, qu’il a faite vers 20 ans, alors qu’il était tombé gravement malade dans un camp militaire aux États Unis, en 1943. Son expérience, qu’il replace dans sa vie d’alors, est exceptionnellement riche. Le centre en est la rencontre avec le Christ. Voici les passages les plus frappants à ce propos. Lire la suite « Un amour inconditionnel »

Bien plus qu’une sagesse

Peint. MAW

 

Évangile de Luc 11, 14-36

Alors que les foules s’amassaient, il leur dit : les hommes de cette génération ont perdu le lien avec leur être véritable. Ils recherchent un signe extérieur de l’Esprit, mais il ne leur en sera pas donné d’autre que le signe de Jonas. De même que Jonas est devenu un signe pour les habitants de Ninive, ainsi en sera-t-il du fils de l’Homme pour cette génération-ci. Lire la suite « Bien plus qu’une sagesse »