Les faiblesses, un compost ?

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Dans un coin du jardin, on entasse les déchets végétaux, le plus souvent dans un endroit discret et dissimulé. Fleurs fanées, légumes, fruits pourris et « mauvaises herbes » s’accumulent. Le jardinier vient de temps en temps s’occuper de ce tas. De sa fourche, il le retourne pour l’aérer. Avant l’hiver, il prend le temps d’en faire un véritable compost. Puis, confiant, il laisse faire la vie.

Durant l’hiver, le compost repose, arrosé par la pluie et protégé du froid par la neige . À l’intérieur, la chaleur décompose les déchets et les forces subtiles de l’univers agissent ; des organismes vivants se développent. Ce qui était au départ un tas de déchets est devenu un riche terreau que  le jardinier va pouvoir utiliser pour faire prospérer les légumes et les fleurs de son jardin.

Chaque personne a des tendances unilatérales – des faiblesses, des défauts… appelons-les comme on voudra.  Chacun aimerait autant les dissimuler, les jeter et les oublier. Celles des autres nous font sourire ou nous exaspèrent. Et si, au lieu d’être considérées comme des tendances à réprimer, nier et refouler, les faiblesses des uns et des autres étaient vues comme une sorte de « matière première » ? Une tendance tout d’abord unilatérale et grossière à transformer et affiner peu à peu, dans un travail de connaissance de soi, avec l’aide d’autres – dans un échange chaleureux ? Cela permettrait à chacun de développer ce qu’il a de plus original, de vraiment unique et de pouvoir le donner pour enrichir la vie du monde.

F.Bihin – mai 2019