Bien plus qu’une sagesse

Peint. MAW

 

Évangile de Luc 11, 14-36

Alors que les foules s’amassaient, il leur dit : les hommes de cette génération ont perdu le lien avec leur être véritable. Ils recherchent un signe extérieur de l’Esprit, mais il ne leur en sera pas donné d’autre que le signe de Jonas. De même que Jonas est devenu un signe pour les habitants de Ninive, ainsi en sera-t-il du fils de l’Homme pour cette génération-ci.

Lors du jugement, la reine du Sud se lèvera avec les hommes de cette génération, et elle les condamnera, car elle est venue depuis les extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon. Or voici : ici, il y a plus que Salomon.

Lors du jugement, les habitants de Ninive se lèveront avec cette génération, et ils la condamneront, car eux se sont convertis après la prédication de Jonas. Or voici, ici, il y a plus que Jonas.

Personne n’allume une lampe pour la cacher sous un boisseau, au contraire, on la place sur son support pour que tous ceux qui entrent voient la lumière. La lumière de ton corps, c’est ton œil. Si ton œil est sain, tout ton corps est lumière. Si ton œil est coupé de l’esprit, tout ton corps est empli de ténèbres. Prend garde au fait que la lumière en toi ne devienne ténèbres. Si ton corps tout entier est lumière, sans plus aucune part de ténèbres, il devient rayonnant, comme si la source de la lumière était en toi.                                 (Traduction FrBihin)

 

Le nom de Salomon évoque un roi au sommet du pouvoir et de la richesse. Mais cette richesse extérieure était surtout le signe d’une grande sagesse. On en parlait dans les pays alentour, au point que la reine de Saba vint du Sud – Éthiopie – pour le rencontrer. Elle était également connue pour sa sagesse. À cette époque, au Moyen Orient, les rois recevaient par transmission héréditaire des facultés spirituelles qui leur permettaient d’être en lien avec la sagesse cosmique, le Je de l’univers. Cette sagesse n’était pas encore le résultat d’un travail du Je individuel : elle passait à travers eux et leur permettait de gouverner. Une telle initiation transformait jusqu’au corps de sentiments (corps astral).

Jonas, évoqué dans l’Ancien testament par un récit imagé plein d’humour, est le représentant d’un autre courant d’initiation antique. Beaucoup plus exigeante, une telle initiation passait par des exercices conduits de manière stricte. Son épisode de trois jours dans le poisson est l’image de l’épreuve finale, les trois jours de « mort mystique », durant lesquels le candidat était plongé dans un état de léthargie proche de la mort[1]. Pendant ce temps, les corps subtils[2] se dégageaient du corps physique. Cet état présentait des dangers, il devait être étroitement accompagné par un guide spirituel. Lors d’une telle initiation, le candidat était pénétré du Je de l’univers, le Logos solaire, dont il percevait aussi qu’il s’approchait de la terre. Une telle initiation était réservée à quelques élus et gardée secrète, elle nécessitait de se retirer du monde en restant attaché à son maître. Cette préparation spirituelle transformait le corps de sentiments et, en partie, le corps de vie (éthérique). Habité par une force nouvelle, Jonas put, à sa grande surprise, convaincre les habitants de Ninive.

Que veut dire le Christ quand il dit : « Ici, il y a plus que Salomon, plus que Jonas », c’est à dire « plus » qu’une sagesse transmise par l’hérédité ou qu’une initiation guidée par un maître ?

L’essentiel du christianisme n’est pas un enseignement ou une sagesse. L’enjeu est avant tout la transfiguration de l’être humain. La force de l’amour universel, le Logos solaire est devenu homme pour le pénétrer jusque dans son corps physique, matériel. C’est la raison pour laquelle il s’est lié avec les substances du pain – représentant du corps minéral, physique – et du vin – représentant du sang, siège du Je -. Dans un Je individuel qui le reçoit librement, l’être solaire du Christ peut transfigurer tout l’être, jusqu’au corps physique, et lui donner la force de surmonter la mort. Les forces de résurrection sont en lien avec la conscience, avec la manière dont « notre œil » regarde la vie et le monde. Le fait de considérer la réalité en y voyant également sa dimension spirituelle transforme, vivifie jusqu’au corps physique ; tout le corps devient « lumineux », transfiguré.

Depuis que le Logos solaire a pénétré la vie de la terre, tout être humain a la possibilité d’établir un lien avec le monde spirituel divin par sa vie, avec tout ce qu’elle apporte. Ce n’est pas par hasard que l’on consacre actuellement autant d’attention à la biographie humaine : de plus en plus de personnes ressentent qu’à travers ses étapes et ses épreuves, chaque vie est une initiation à caractère individuel. Et il n’y a plus besoin d’un maître spirituel extérieur : chacun peut établir un lien personnel, direct, avec le Christ.

 

 

[1] Voir à ce propos notamment R. Steiner, Le christianisme et les mystères antiques.

[2] le Je, le corps astral et une partie du corps éthérique

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