Fin de l’hiver

arbres

À la fin de l’hiver, quand les arbres sont nus, chaque recoin de la forêt, chaque branche, le moindre bourgeon est touché par la lumière du soleil qui redevient de jour en jour plus vive, tout en se réchauffant. La végétation recommence à germer et à se déployer.

Là où je reconnais ma pauvreté intérieure, mon impuissance, je peux m’ouvrir plus largement à ce qui est nouveau, à une perspective radicalement différente, à ce qui vient d’un « autre côté ». Je peux me laisser inonder par la lumière de l’esprit qui féconde l’être.

 

D’après l’Évangile de Matthieu, chapitre 5, 3 :

Heureux les pauvres en esprit, ils trouvent le royaume des cieux en eux-mêmes.

(Traduction Fr. Bihin)

Photo Fr. Bihin

La parole, une graine

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« La semence, c’est la parole… »

Quelle parole est une graine ?

Une parole reçue. Dans l’enfance, un encouragement : « Vas-y, tu en es capable !  ».  Une parole de confiance qui s’enracine profondément, qui aide à grandir et donne du courage, encore adulte, pour entreprendre un nouvel apprentissage.

Une parole choisie. Quelle pensée de sagesse, quelle prière est-ce que je me détermine à semer dans ma mémoire, à cultiver avec patience, de sorte qu’elle germe, s’enracine en me donnant de croître, portant du fruit en moi et autour de moi  ?

La parole par excellence, c’est le verbe, en grec, le « logos ». Le verbe, dans la phrase, c’est le principe actif, le mot qui met en mouvement, qui donne vie.

« La semence, c’est le verbe de Dieu ».

Voilà ce que révèle le Christ à ses proches. Il parle de lui–même ! « La semence, c’est le Logos, le Verbe divin ».  « En l’origine était le Logos (…) il était la vie, la lumière (…) Tout est advenu par lui, tout a été créé par lui. (…) et le Logos est devenu chair.[1]» Il est la force qui a tout mis en mouvement dans l’univers, qui a ordonné le chaos selon une organisation vivante, mathématique et artistique. Il est à l’origine de la danse des planètes, du vent et des nuages, de l’eau qui jaillit, des formes et des couleurs admirables des plantes, parfois très fantaisistes des animaux. Il poursuit sa création en l’homme. Le Logos résonne aussi en moi, dans la pensée créatrice, comme entre les hommes, dans la parole échangée.  En chacun de ceux qui le reçoivent et le laissent s’enraciner en eux, aujourd’hui encore, il porte du fruit en abondance.

D’après l’évangile de Luc, chapitre 8, 4-14 :

Alors qu’une foule nombreuse se rassemblait, venant vers lui des villes, il parla par comparaison : Le semeur sortit pour semer sa semence. Comme il semait, une partie de la semence tomba le long du chemin. Elle fut foulée au pied, et les oiseaux du ciel la mangèrent. Une autre partie tomba sur la pierre, mais, ayant commencé à pousser, fut desséchée, faute d’humidité. Une autre partie tomba au milieu des ronces et, poussant avec elle, fut étouffée par les épines. Une autre partie, enfin, tomba dans la bonne terre et ayant poussé, produit du fruit au centuple. Disant ceci, il s’écria : celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende !

Ses disciples lui demandèrent ce qu’était cette parabole. Il dit : à vous, il a été donné de connaître les mystères du Royaume de Dieu, mais pour les autres, c’est en images qu’il est annoncé, afin qu’ils voient même s’ils ne saisissent pas tout, et qu’ils entendent, même s’ils ne comprennent pas.

Cette parabole signifie ceci : la semence, c’est le Verbe divin. Au bord du chemin, sont ceux qui entendent, puis vient celui qui divise, et il retire la parole de leur cœur de peur que, leur confiance se renforçant, ils ne soient sauvés. Ceux qui sont tombés sur la pierre sont ceux qui accueillent la parole avec joie lorsqu’ils l’entendent, mais ils n’ont pas de racine ; ils croient un moment, et quand vient l’épreuve, ils s’écartent. Ceux qui sont tombés dans les épines sont ceux qui ont entendu et qui, à cause des soucis, des richesses et des plaisirs de la vie, sont étouffés en chemin et n’arrivent pas à maturité. Ceux qui sont dans la belle terre sont ceux qui ont entendu la parole d’un cœur honnête et bon ; ils la retiennent et portent du fruit à force de persévérance.

Personne en effet, n’ayant allumé une lampe, ne la recouvre d’un récipient ou ne la place sous un lit ; au contraire, il la place sur un support, afin que ceux qui entrent voient la lumière. Il n’y a rien de caché, en effet, qui ne doive être révélé, et rien de secret qui ne doive être manifesté au grand jour.

Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez ! Car on donnera  à celui qui a fait sien ; quant à celui qui n’a pas accueilli, il lui sera retiré même ce qu’il croyait avoir.

(Traduction Fr. Bihin)

 

Photo – Fr.Bihin

[1] Référence au prologue de l’évangile de Jean.

Lève toi !

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Un homme attend au bord de l’eau. Cela fait tellement longtemps qu’il est paralysé,  38 ans ! Le temps qu’il faut pour devenir vraiment adulte et saisir pleinement son destin. Sous les portiques où se pressent les malades, il attend lui aussi que l’eau s’agite. On dit qu’alors, un ange vient, et que le premier qui entre dans l’eau est guéri. Parmi la foule, le Christ le voit. Il pose sur lui son regard plein de respect, ce regard qui distingue en chacun ce qu’il a de plus grand et d’unique. Il lui demande s’il veut guérir, l’écoute parler de son désarroi, de ce que personne ne soit là pour l’aider au moment opportun, pour qu’il puisse être le premier à entrer dans l’eau. Le malade se plaint, il attend que sa guérison vienne d’une force magique extérieure. Par sa parole – la force du Verbe – le Christ lui permet de retrouver sa verticalité. Sa présence, son être solaire se communique directement à lui et réveille par résonance la force qui sommeillait en lui. L’homme puise en lui-même la force de se redresser et de porter la civière sur laquelle il gisait, l’instant d’avant. La litière : son destin. Il peut maintenant commencer à assumer pleinement son destin, mettre en mouvement ce qui tout d’abord apparaît comme impossible à transformer : ses faiblesses, ses tendances trop unilatérales. Ce qui était cause de maladie peut se transformer en source d’originalité et apporter quelque chose de tout nouveau, d’unique dans le monde. Dans la dignité, la verticalité retrouvées, l’homme peut à nouveau marcher, se transformer et donner de lui-même.

À propos de l’évangile de Jean, chapitre 5, versets 1 à 9.

Photo FrBihin- Sculpture de Giacometti- Musée de Stockholm.

Une étoile

etoile

Une étoile

Sa lumière troue le ciel obscur

Les yeux d’un enfant : deux étoiles

elles brillent de l’émerveillement

qui déborde de son cœur

De quel cœur jaillit la lumière d’une étoile?

 

 

D’après l’évangile de Matthieu, chapitre 2:

Jésus étant né à Bethléem, en Judée, sous le règne d’Hérode, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem. Ils demandèrent : Où est le nouveau-né, le roi des Juifs ? À l’Est, nous avons vu son étoile, et nous sommes venus pour nous prosterner devant lui . À cette nouvelle, le roi Hérode fut troublé, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple et s’enquit auprès d’eux du lieu où le Messie devait naître.  À Bethléem en Judée, lui dirent-ils, comme le prophète l’a écrit : Et toi Bethléem, terre de Juda, tu n’est certes pas le moindre des chefs-lieux de Juda, car tu donneras à Israël mon peuple son chef, celui qui le gouvernera. Hérode fit venir en secret les mages pour se faire préciser le moment où l’étoile leur était apparue. Puis il les envoya à Bethléem. Partez, leur dit-il, enquérez-vous exactement au sujet de l’enfant, et quand vous l’aurez trouvé, avertissez-moi, pour que moi aussi, j’aille me prosterner devant lui.

Sur ces paroles du roi, ils se mirent en route, et voici que l’étoile qu’ils avaient vue en Orient allait au-devant d’eux, jusqu’à ce qu’elle s’immobilisât au-dessus du lieu où se trouvait le petit enfant. La vue de l’étoile les emplit d’une très grande de joie. Entrant dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie, sa mère. Se prosternant devant lui, ils lui présentèrent leurs trésors. Puis, ouvrant leurs coffrets, ils lui offrirent de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Avertis en songe de ne pas retourner auprès d’Hérode, ils se retirèrent dans leur pays par un autre chemin.

(Traduction Fr. Bihin)