La Communauté des chrétiens et le spectre de la secte 

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Le mot « secte » effraie. Il désigne une nébuleuse de mouvements méconnus. Ce qui est méconnu fait peur, ceci est vrai dans toutes les cultures et toutes les époques.

L’anthropologue M. Singleton1, qui a vécu en Afrique dans un milieu traditionnel, racontait qu’un jour, un villageois lui révéla que les gens le craignaient et le considéraient comme un « sorcier ». Pourquoi ? Pour un Africain vivant dans un milieu traditionnel, un Blanc est habituellement habillé en costume et cravate et il vit selon les coutumes occidentales. Or M. Singleton s’habillait comme les Africains et vivait parmi eux, dans une case du village. C’est précisément ce qui inquiétait les villageois. Ils avaient du mal à situer cet Européen « hors catégorie ». Peut-être était-il détenteur d’une sorte de pouvoir magique maléfique ?

Dans les années 1980-90 s’est levé en France et en Belgique un vent de panique par rapport aux sectes, justifié notamment par les massacres collectifs commis par « l’Ordre solaire » en 19952. Durant cette période, on avait entrepris en Belgique et en France des enquêtes parlementaires sur les sectes3. Il est un fait que certains mouvements utilisent des moyens de suggestion et de manipulation qui bafouent la liberté de leurs membres. Ils arrive qu’ils isolent leurs enfants de la société et extorquent de l’argent. À noter que de tels mouvements peuvent être minoritaires mais aussi majoritaires, on pense par exemple aux totalitarismes d’État tels le nazisme ou le communisme, actuellement à des groupes tels que l’EI. Quel que soit le caractère d’un mouvement, il est juste que chaque acte criminel, chaque abus tombe sous le coup de la Justice.

On a donc assisté dans les années 1990 à une suspicion généralisée par rapport à une série de mouvements qualifiés de sectaires, étant entendu que les « sectes » sont forcément des groupes dangereux et fanatiques. Des sociologues ont réagi à ces excès en dénonçant une « chasse aux sectes »4, en référence aux chasses aux sorcières de la fin du Moyen-âge. Ils ont fait remarquer que la « chasse aux sectes » met en danger la liberté de pensée elle-même. Car cette sorte de psychose collective a stigmatisé tout mouvement à caractère spirituel ou religieux n’appartenant pas aux Églises ou religions reconnues. Plus encore, dans des pays, où pourtant la liberté de culte et de pensée est inscrite dans les textes fondateurs du contrat social5, le simple fait de véhiculer des idées ou de pratiquer des rites considérés par certains comme étranges était devenu suspect. Dans les mêmes années, aux USA, la même question avait aussi été soulevée, avec une conclusion assez claire : le simple fait d’utiliser le mot « secte » est inacceptable, car il porte atteinte à la liberté de pensée et de religion.

Le phénomène de stigmatisation des sectes n’est pas nouveau dans l’Histoire. Ainsi, comme le relève le rapport de l’Enquête parlementaire (de 1995) lui-même, les premiers chrétiens ont déjà été traités de secte, car ils ne s’inscrivaient pas dans la pensée dominante de l’époque : Sous l’empire romain, les premières communautés chrétiennes furent persécutées tant à cause de leur refus du serment à l’Empereur qu’en raison des accusations de sorcellerie (réunions nocturnes) ou d’anthropophagie (rite de la communion) dont elles firent l’objet 6.

Ces enquêtes parlementaires ont donc provoqué des débats et établi des clarifications par rapport à la question des sectes. La première enquête de 1995 a été suivie en 1999 d’un rapport sur « Les sectes et l’argent », puis en 2006 sur « Les sectes et les mineurs ». En lien avec ces enquêtes, il apparut que le mot lui-même pose problème et qu’il doit être évité 7. Malgré tout ce travail de clarification, une suspicion latente par rapport à tout mouvement minoritaire à caractère spirituel ou religieux persiste au sein de la population française8. Dans ce climat de suspicion, toute personne qui témoigne d’un vécu problématique en tant que « repenti » d’un mouvement suspecté est reçue à bras ouverts par les organismes de surveillance des sectes. Dans ce qu’il rapporte, la moindre chose devient suspecte : le fait que des membres s’engagent avec enthousiasme est relu comme étant du « fanatisme », le charisme d’un conférencier relève forcément de la « manipulation », une personne qui a fait un don librement consenti a été « extorquée », etc.

Un vocabulaire péjoratif

Ainsi, un vocabulaire spécifique appliqué aux sectes a vu le jour. Les mots utilisés sont loin d’être innocents. Au lieu de membres on dira plutôt « adeptes », un conférencier ou un prêtre devient un « maître » ou un « gourou ». Pour un enseignement on parlera de « doctrine », pour des intentions de « machinations », etc. En plus d’être méprisant, un tel vocabulaire induit une méfiance qui disqualifie d’emblée le mouvement évoqué. Avant même de nommer des points d’attaque ou des arguments clairs, il introduit le soupçon d’un manque de liberté ainsi qu’une capacité de raisonnement déficiente chez les personnes concernées. Au final, dans une telle perspective, toute pensée ou pratique spirituelle et religieuse non traditionnelle est forcément « irrationnelle » voire « délirante ». Ce vocabulaire spécifique a été relevé par la sociologue Anne Morelli dans son essai : « Lettre ouverte à la secte des adversaires des sectes » : « En résumé, le vocabulaire appliqué par les journalistes et auteurs opposés aux « sectes », serait une véritable offense publique qui appellerait immédiatement des sanctions s’il était utilisé pour les « religions ». Imaginez un instant le journaliste chargé de couvrir la bénédiction papale Urbi et Orbi, la décrire en ces termes : Le « gourou » des Catholiques s’est adressé à ses « adeptes » pour leur rappeler quelques-uns de leurs « mythes » de leur « bric-à-brac » de « croyances irrationnelles ». Il leur a rappelé la nécessité d’« embrigader» leurs enfants pour faire « proliférer » le christianisme. Le « gourou » des Catholiques avait son « déguisement » et ses « colifichets » habituels pour ce type de « mascarade » … Ce serait honteux, n’est-ce pas ? Et le journaliste ne survivrait professionnellement pas à un tel scandale, que ce soit envers des chrétiens, des juifs ou des musulmans ? Pourtant, s’il s’agit des autres religions tout est permis, de l’ironie facile aux affirmations injurieuses en passant par l’usage des termes péjoratifs les plus méprisants. Il s’agit en effet de diffuser, puis d’affermir, insidieusement, un automatisme primaire selon les meilleures techniques de la propagande. Aujourd’hui, il est bien ancré en chacun de nous que les religions, c’est bon, les sectes, c’est mauvais9. »

Lors de l’enquête parlementaire française de 1995, la Communauté des chrétiens a été examinée, et elle a été écartée de la liste des mouvements retenus comme ayant un caractère sectaire10. En France, elle est reconnue officiellement en tant « qu’Association cultuelle ». Depuis, 2003, les prêtres qui y travaillent sont affiliés à la Cavimac11. Malgré tout cela, restant peu connue et difficile à situer, la Communauté des chrétiens éveille encore toujours des interrogations, voire des suspicions. Car elle aligne plusieurs des critères qui peuvent éveiller la peur instinctive de l’inconnu évoquée plus haut. Premièrement, elle repose sur une vision spirituelle du monde ce qui, en soi, est considéré par certains comme « délirant ». Ensuite, elle s’affirme chrétienne et elle pratique des sacrements (renouvelés), tout en voulant rester indépendante des Églises traditionnelles. Enfin, étant inspirée par l’anthroposophie, elle intègre dans sa vision des idées que d’autres chrétiens qualifient d’hérétiques, en particulier l’idée de réincarnation.

La Communauté des chrétiens sur internet

Cette suspicion latente se reflète sur le Net. En cherchant « La Communauté des chrétiens » sur Google par exemple, le mot « secte » apparaît assez rapidement, ce qui peut immédiatement induire une méfiance chez une personne non avertie. Il s’agit principalement de trois sites.

Info-secte.org

Jusqu’il y a peu, le premier site qui apparaissait était « info-secte.org ». Avec un tel nom, on pourrait penser qu’il s’agisse d’un site officiel reposant sur l’avis d’experts, juristes, etc. En fait, il s’agit d’un site privé dont les articles sont écrits par deux frères, Pierre et Daniel Oddon. Ils sont eux-mêmes à la tête d’un mouvement évangélique tout à fait marginal. Leur site « info-secte » est doublé d’un autre site qui leur appartient également : « info-bible.org » où ils présentent leur vision du christianisme. Ils y traitent de « sectes » toutes les communautés chrétiennes qui ne sont pas de leur bord, y compris les catholiques. Ils examinent aussi sous ce point de vue d’autres religions comme le courant spirituel du Dalaï Lama. Même la série de romans Harry Potter tombe sous le coup de leur anathème. Concernant la Communauté des chrétiens, le texte, bien que relativement neutre, contient des imprécisions et des erreurs qui leur ont été mentionnées, mais ils n’ont pas voulu les corriger.

sos-derive-sectaire.fr

Une autre page apparaît (sos-derive-sectaire.fr), qui reprend un texte de Jean Vernette, prêtre catholique spécialiste du Nouvel Age et autres mouvements religieux (non catholiques). À part une utilisation modérée du vocabulaire évoqué plus haut, son texte ne révèle rien de bien négatif par rapport à la Communauté des chrétiens. Par contre, l’intitulé du site lui-même – sos-dérive-sectaire – semble indiquer qu’un « danger imminent » serait lié à la Communauté des chrétiens.

Gregoire Perra

Un troisième site est celui de Grégoire Perra (veritesteiner)Celui-ci mène depuis plusieurs années une campagne acharnée contre Rudolf Steiner et l’anthroposophie, se présentant comme le « repenti » classique d’une « secte ». De ce fait, il a été accueilli à bras ouverts par certains organismes et journalistes en quête de révélations sensationnelles.

Comme n’importe quel milieu humain, pour autant que l’on puisse le cerner – car au total, c’est un milieu très grand et tout à fait hétérogène -, le milieu des anthroposophes a ses travers. Mais avec G. Perra, on est loin d’une critique rationnelle et nuancée. Ses propos sont remplis de généralisations tellement énormes qu’elles en deviennent des mensonges, par exemple l’accusation de nazisme et de racisme (voir mon article à ce propos).

Le tableau que G. Perra décrit des anthroposophes est monstrueux, on se demande à le lire et à l’entendre comment il se fait qu’ils aient pu « sévir » depuis si longtemps, jusqu’à ce que Grégoire Perra, le seul clairvoyant, dénonce enfin de quoi il retourne. Il présente « les anthroposophes » comme une sorte de tribu homogène, constituée d’individus de la pire espèce : tous des manipulateurs, qui ne chercheraient que leur propre intérêt, incapables de penser ou d’éprouver la moindre empathie, dévoyés sexuels, etc., dont le pire, Rudolf Steiner, serait un être diabolique, pédophile et j’en passe. On trouve maintenant plusieurs analyses du discours de G. Perra, par Pierre Bercut sur You Tube.

La Communauté des chrétiens n’échappe pas à ses accusations et insinuations. Il y décrit notamment que son engagement y avait pris un caractère « obsessionnel ». Au vu de ce qu’il décrit, on ne peut que confirmer cet aveu et constater par la même occasion que sa critique actuelle de l’anthroposophie prend le même caractère. Par exemple, à part lui, je ne connais aucun membre qui, comme il le décrit sur son blog, prendrait l’avion plutôt que le train pour ne pas arriver en retard à un office ! Ce petit exemple permet de voir comment, à partir de son interprétation et de son vécu, il généralise et insinue. Son message est à peu près le suivant : « Je ne dis pas qu’on vous oblige… mais il y a une pression… vous vous sentez obligés…etc ». Quand on relit, on remarque qu’il ne s’appuie sur aucun fait précis, on ne trouve que des insinuations doublées d’une utilisation sans retenue du vocabulaire évoqué plus haut dans l’article, ce qui éveille un sentiment de malaise qui se traduit immédiatement par l’idée : « Oui, c’est vraiment une secte ! ».

Ses « révélations » à propos de la vie sexuelle dans le mouvement sont pitoyables, surtout quand on sait qu’il a lui-même été exclu de l’école Steiner où il était enseignant pour cause d’attouchements sur une élève mineure. Un article de Martin Bernard fait état de cette question pénible.

 Si ses graves accusations de G. Perra étaient fondées, sachant le nombre de personnes concernées, comment se fait-il qu’il n’y ait pas eu, depuis longtemps, des séries de plaintes et de procès de la part d’ex-membres de la Communauté des chrétiens, d’anciens élèves d’écoles Steiner, de patients de médecins anthroposophes, etc ?

***

Actuellement, chacun peut écrire ce qu’il veut et le diffuser largement, grâce au Net. Cette liberté d’expression exige une vigilance accrue par rapport aux différentes sources d’information, en particulier concernant les mouvements que l’on peut facilement pointer du doigt en les qualifiant de « sectes ». Car malgré les avertissements de sociologues et de juristes, ce mot continue à être utilisé en langue française, avec toute la charge de peur instinctive et de suspicion qu’il contient.

F.Bihin

mis à jour en juillet 2019

Photo de F. Bihin (Semence de crapauds sur un lac des Vosges)

1 Professeur d’anthropologie à l’Université catholique de Louvain (Belgique) dans les années 1980 (fr.wikipedia.org/wiki/Michaël_Singleton).

2 Mouvement fondé par Luc Jouret. Les massacres ont eu lieu simultanément au Canada et à Fribourg en Suisse, le 5 octobre 1995.

4 Voir par exemple : Pour en finir avec les sectes, Le débat sur le rapport de la commission parlementaire, Sous la direction de Massimo Introvigne et J. Gordon Melton, Cesnur- Di Giovanni

5 Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 dans le cas de la France
8 Dans l’espace francophone européen, en France et en Belgique, la suspicion concernant les sectes est plus importante qu’en Suisse. Cela provient sans doute du fait que longtemps, la vie religieuse a été dominée par une seule confession (catholique) alors qu’en Suisse, comme dans d’autres pays protestants, la diversité religieuse est bien plus ancienne.
9 Anne Morelli : Lettre ouverte à la secte des adversaires des sectes. Ed. Labor, Bruxelles, 1997.
11 Caisse nationale d’assurance maladie pour les agents du culte, prêtres et religieux catholique, pasteurs protestants, rabbins, imams, etc (cavimac.fr)

3 commentaires sur « La Communauté des chrétiens et le spectre de la secte  »

  1. Ne pas perdre de vue que la posture française est étudiée par des universitaires étrangers, allemands entre autres, comme un cas à part. L’État français finance des officines luttant contre des prétendues sectes, et qui en fait font la chasse aux minorités !
    Voir le livre « Freedom of religion or belief – Anti-sect movemenrs and state neutrality. »
    J’ai lu toute la partie consacrée à la France. C’est édifiant sur la dynamique et sur les circonstances de la création de l’UNADFI :
    https://drive.google.com/open?id=0B9K1XJEb3dhBalBzdnpGdXB2REE
    Florilège :
    Page 194 : Il y a toujours eu, en Occident surtout, des groupes qui s’opposent aux « sectes ». …/… Ils ont le droit d’exister et sont une expression de la liberté d’opinion et d’association. Ce qui est moins normal, c’est que de tels groupes soient financés par des institutions publiques de la même manière que les organisations qui combattent des fléaux (Sida, maladies génétiques, famines etc…) car rien ne prouve que les minorités religieuse soient un fléau. Ce qui est moins normal, c’est que des groupes anti-sectes font couramment la distinction entre religions « historiques » et minorités religieuses. Ce qui est moins normal, c’est que de tels groupes « anti-sectes » structurés au niveau européen soient reconnues pour leur prétendues expertises par des institutions européennes ou internationales.

    Page 233 :Au 1er congrès international de l’UNADFI en 1980 à Paris, outre les associations « anti-sectes », il y avait un représentant de l’Eglise Evangélique Luthérienne d’Allemagne, un représentant de l’Eglise Evangélique Luthérienne de Bavière, un représentant de la Fédération Mondiale Luthérienne en Suisse, un représentant du département « sectes » de la paroisse Evangélique Luthérienne de Linz en Autriche, un représentant de l' »Office Pastoral » de Archidiocèse Catholique d’Autriche de Vienne, un représentant de l’Eglise Orthodoxe Grecque, et 3 représentant de Deo Gloria, un mouvement Chrétien d’Angleterre.

    Page 233 : A son début, l’ADFI à PARIS était logé dans la paroisse Notre Dame de Lorette, dans le XIX°, de 1979 à 1985.

    Page 234 : ADFI travailla avec Père Troulard, un prêtre catholique, qui mena des compagnes contre les sectes pendant 30 ans. Ils eurent des actions communes, comme l’infiltration de la Communauté du Mandarom en 1991 avec des fausses cartes de journalistes.

    Page 234 : Le fait qu’une association financée essentiellement par des fonds public s’associe à des Eglises reconnues pour attaquer des minorités de religion ou de croyance constitue une violation de la Convention Européenne des Droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales.

    Page 244 : Le caractère biaisé de l’information dispensée par de telles associations anti-sectes contre les minorité de religion ou de croyance, est particulièrement patent dans l’utilisation d' »apostats » de ces mouvements pour travailler sur les adeptes de manière à ce qu’il quittent leurs groupes.

    Page 255 : Conclusion : Les buts et les activités des associations affiliées à la FECRIS (UNADFI, CCMM, GEMPPI, …) et le financement en France pose un sérieux problème au regard de la liberté de religion et de croyance. Leurs écrits et positions manifestent l’évidence qu’ils mènent une croisade idéologique avec des fonds publics qui ne peut se concilier ni avec la Constitution Française, ni avec les Instruments des Droits de l’Homme Internationaux signés et ratifiés par la France.

    Voir aussi les brochures de CAP LC, celle -ci par exemple :
    http://www.coordiap.com/press2976-etat-des-lieux-2013.htm
    Jean-Paul

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  2. Bonjour et merci pour cette mise au point. Elle a le mérite d’être claire et soulève bien le problème du discernement à l’époque actuelle où effectivement l’outil Net permet à chacun de s’exprimer, ce qui est bien, mais apporte généralement bien peu d’objectivité constructive et surtout stimule très peu la réflexion du lecteur. Par ailleurs j’ai l’impression que les lecteurs se donnent de moins en moins de temps…
    Bien à vous (je m’abonne 🙂 )
    Patrick Roussel

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